

Séminaire externe de Shahragim Tajbakhsh
Description
Nous avons le plaisir d’accueillir Shahragim Tajbakhsh, de l’Institut Pasteur, invité par l’équipe Mounier.
Il donnera un séminaire intitulé « Dynamique des cellules souches musculaires et des cellules de leur niche dans la régénération et la maladie » le jeudi 5 novembre à 11 h.
Le séminaire aura lieu dans l’amphi Physique (rez-de-chaussée), Faculté de Médecine Lyon-Est Rockefeller.
Résumé
Les cellules souches musculaires (MuSC) sont régies par des voies intrinsèques et extrinsèques qui contrôlent leur quiescence, leur activation et leur progression dans le lignage cellulaire. Grâce à l’imagerie en temps réel intravitale et ex vivo dans le modèle murin mdx de la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD), nous avons montré que les MuSC dystrophiques présentent une migration altérée et se différencient prématurément par des divisions symétriques déséquilibrées, sous le contrôle des voies de signalisation p38 et PI3K. Des greffes croisées ont révélé que les décisions relatives au devenir cellulaire sont indépendantes des fibres, tandis que la migration est dictée par la niche des myofibres, établissant ainsi la DMD comme une maladie des MuSC associée à un dysfonctionnement de la niche (1).
Nous avions précédemment montré que des états métaboliques distincts régissent le devenir des MuSC (2). À l’aide de modèles d’infection respiratoire par le virus de la grippe et de cachexie induite par une tumeur non métastatique, nous avons montré que les MuSC des muscles non lésés adoptent un nouvel état de quiescence (GPath), caractérisé par une réduction de la taille cellulaire, une inhibition de la phosphorylation oxydative et une diminution de l’activité de mTORC1. Malgré l’altération des régulateurs canoniques de la quiescence, l’entrée dans le cycle cellulaire est freinée avant la phase S, ce qui concorde avec une stimulation anabolique dépendante de mTORC1 insuffisante pour l’engagement en phase G1 (3).
Les muscles diffèrent également par leur résilience. Les cellules souches du muscle extraoculaire (EOM) présentent une capacité proliférative supérieure et une identité distincte centrée sur Foxc1 (4). À charge tumorale identique, les EOM résistent à la fonte musculaire tandis que les muscles des membres s’atrophient. Les cellules souches des EOM conservent un contenu lysosomal et un flux autophagique plus élevés, préservant ainsi le compartiment nécessaire au recrutement de mTORC1, et augmentent l’expression d’IGF1 en situation de cachexie ; l’inhibition d’IGF1R lève la répression de l’induction des atrogènes dans les EOM protégés (5). Ensemble, ces résultats identifient l’axe lysosomal–mTORC1 comme un nœud convergent régissant la capacité d’activation des MuSC et la résilience des tissus.
Références
1) Sarde L et al. (2026). Nat Commun 17:1769.
2) Pala F et al. (2018). J Cell Sci 131(14).
3) Gayraud-Morel B, Di Girolamo D et al. Systemic pathologies induce a distinct quiescent state in tissue-resident stem cells. In revision.
4) Di Girolamo D, Benavente-Diaz M et al., (2024). Development 151(4).
5) Murolo M, Duarte P et al. A stem cell-derived IGF niche program protects muscles from cancer cachexia. In revision.
N’hésitez pas à transmettre cette annonce aux autres instituts et collègues susceptibles d’être intéressés.
Nous espérons vous y voir nombreux !
